Beaucoup d'enfants dans le monde
n'ont pas la chance d'aller à l'école
"Je ne veux pas aller à l'école" !
Voilà
une phrase que tu as sans doute prononcée plus d'une fois. Que tu
préfères rester au lit plutôt que d'affronter ton prof de maths et
jouer plutôt que faire tes devoirs, c'est assez compréhensible !
Et pourtant... Cela
va peut-être te surprendre, mais beaucoup d'enfants, ceux des pays en
voie de développement, plus pauvres, pensent que tu as bien de la chance !
Ils sont plus de 100 millions dans le monde à ne pas aller à l'école.
En Afrique, en Asie, en Amérique latine, mais aussi en Europe, ils sont des millions, chaque jour, à se rendre à l'usine, dans des ateliers ou dans les champs, au lieu de prendre le chemin de l'école. Filles et garçons, parfois très jeunes, y travaillent comme des adultes, à des tâches pénibles et dans des conditions qui mettent souvent leur santé, et même leur vie, en danger.
Quand elles ne sont pas employées comme domestiques chez les autres, c'est chez elles que les filles doivent rester pour aider leur mère dans les tâches ménagères. Parfois, elles assument seules le ménage, le nettoyage, la cuisine, la garde de leurs petits frères et soeurs afin de permettre à leur maman de travailler à l'extérieur et de gagner un salaire supplémentaire.
C'est souvent la pauvreté qui contraint leurs parents à les priver d'école
Le petit salaire que le travail des enfants rapporte est indispensable pour faire vivre la famille. De plus, les parents n'ont souvent pas les moyens de payer l'inscription, les fournitures scolaires et l'uniforme parfois encore obligatoire.
Il peut aussi arriver que les parents tombent malades et ne soient plus en mesure de travailler ; leur enfant, s'il était scolarisé, doit alors abandonner l'école pour subvenir à son tour aux besoins de la famille et s'occuper des plus jeunes enfants.
Mais il existe également une multitude d'autres raisons qui empêchent les enfants d'aller à l'école.
Parfois, il n'y a tout simplement pas d'école ou elle a été détruite par la guerre ou une catastrophe naturelle. Les enfants doivent alors faire des kilomètres à pied pour rejoindre l'école d'un autre village, parfois très éloigné. Cela pose des problèmes de sécurité, et les parents hésitent à laisser leurs enfants, et surtout les filles, partir seuls sur de longues distances.
Dans certains cas, c'est l'enseignant qui manque. Il arrive, en effet, que le pays ne dispose pas de suffisamment d'enseignants ou que ceux-ci ne soient pas correctement formés. Par ailleurs, les guerres, mais aussi le sida, provoquent une mortalité importante dans la population adulte, et les maîtres finissent par manquer.
Pour toutes ces raisons, il n'est pas rare, en Afrique par exemple, que le maître fasse classe à plus de cent élèves en même temps (60 millions d'enseignants prennent en charge 1 milliards d'élèves). Ceux-ci sont parfois assis par terre, lorsque c'est l'équipement qui fait défaut.
Certaines écoles, trop pauvres, ne disposentpas du matériel de base indispensable pour pouvoir faire classe, comme des tables et des chaises, un tableau, des manuels scolaires, etc.
Parfois enfin, il n'y a pas d'eau à l'école, ni de toilettes séparés pour les filles. Les parents ne laissent alors pas leurs filles venir à l'école pour des questions d'hygiène et de sécurité.